Orientalisme 2.0

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Le triumvirat le plus vif de la galaxie © u-m-p.org

Un quarteron de premiers ministres en retraite est entré en résistance. C’est presque ainsi que se sont présentés Alain Juppé, François Fillon et Jean- Pierre Raffarin, les trois secrétaires généraux de l’UMP (par intérim) dans leur lettre au Président de la République. Dans cette surprenante missive, que je vous invite à lire en premier chef, sont évoqués l’honneur de la France, l’affaiblissement de sa diplomatie et l’urgence d’agir.

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L’affiche (2) : Vous êtes bien en Île-de-France

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Plus d’été pourri à Paris. Surfant sur un énorme « ici » (où l’on invente demain, selon le slogan de la Région), l’image, dans toute sa puissance, nous propose de faire sortir le Francilien de son horrible spirale dépressive estivale ; ce demi-coma que subit l’homme de la rue, son ivresse moite quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle. Dépressif et fatigué, on le voit errer dans le métropolitain en rêvant de la grande vague, celle qui pourrait le projeter à moitié nu sur la plage, la divine semaine de congé payé. Et c’est à cet instant que notre bonne Région, notre Bonne Étoile devrait-je dire, comme le suggère son logo coruscant, délivre son message salvateur : « il existe au milieu du temps la possibilité d’un île ». L’origine du topos Île-de-France désignant la densité aquifère du bassin, l’entrelacs humide des Ourcq, Seine, Marne et autre Oise, plongeons dans la solution toute trouvée que nos politiciens-médecine ont concoctée pour éradiquer la langueur urbaine et périurbaine de leurs contemporains : l’île de loisirs. Embarquons pour cette destination de proximité. C’est arrivé près de chez vous !

Sur un énorme ici rouge donc, une madone moderne au doux visage de Ségolène Royal, rayonnante tout en sécurité dans son gilet flotteur est tirée, irrémédiablement, non pas par un bateau, (la corde suivrait la ligne de flottaison) mais vers le haut, par les anges mêmes ! Rédemption estivale pour le pécheur mélancolique ! Venez recevoir l’absolution par le fun.

Vous êtes Bien en Île-de-France.

Bonaventure Caenophile

Panorama de la culture geek (8) : Le steam-punk, une machine à raccourcir le temps?

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Dishonored, Londres à la mode steam-punk.

« J’ai vu tourner les arbres d’hélice qui pèsent trente tonnes et dont le jeu est réglé à deux dixièmes près. […] J’ai suivi la circulation du mazout, des soutes jusqu’aux trente chaudières, où il se déverse en un torrent de feu. […] J’ai assisté au travail mystérieux des graisseurs, debout devant les yeux bleus, blancs, rouges des chaudières. Puis d’étages en étages, j’ai grimpé aux échelles, en me faufilant sous le ventre tiède des immenses condensateurs tout argentés et semblables à un troupeau d’éléphants agenouillés. » Blaise Cendrars, A bord du Normandie, 1935.1

 

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Architecture jetable

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« La tour Montparnasse […] ressemble à un chicot dans une bouche édentée. » Karl Lagerfeld.

 

Il faut reconnaître à cette vieille fripouille momifiée de Karl que Montpar’ n’a plus son charme d’antan. Les vieilles rues insalubres aux abords de l’ancienne gare où venaient se saouler Cendrars, Modigliani ou Picasso n’existent plus, remplacées par une grande dalle de béton dans laquelle est enchâssée un monolithe déjà usé. Périmé aujourd’hui alors qu’inauguré en 1973, avec l’accord du ministre de la Culture André Malraux, décidément meilleur écrivain qu’homme politique. A Paris, la tour Montparnasse symbolise pleinement l’échec du bâtisseur moderne. Lire la suite

Les morts méritent une seconde chance

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« Les théâtreux sont de gauche pour cacher que le théâtre est fondamentalement réactionnaire. C’est-à-dire que le mot de progrès provoque parfois un fou rire dans les coulisses du théâtre. Le théâtre est un doute sur les progrès de l’humanité qui ne se contente pas de rire. »

Olivier Py, Les mille et une définitions du théâtre

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Chroniques colombiennes (4) : Un temps chez les indigènes

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Au risque de me répéter, ces quelques lignes n’ont pas pour but de faire une description alléchante telle qu’on les trouve dans les guides tourisitiques, ni de dire « voilà ce que c’est ». Nous employons facilement l’expression « à quoi cela ressemble-t-il ? », et elle est parfaitemet appropriée : ressemble signifie que ce ne sera de toute façon qu’un aperçu. Il faut le vivre pour le connaître et le comprendre, et oublier toutes les images que nous avons en tête, généralement implantées par les films d’Hollywood ou autres médias. Bien sûr, on trouvera ici les éléments nécessaires pour se représenter le choses, mais je ne fais que communiquer mes impressions et les quelques réflexions qu’elles ont suscitées chez moi. Lire la suite

Le bal des médiocres

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L’antifascisme nouveau est arrivé ! La bête immonde n’a qu’à bien se tenir.

« Garder le silence est le plus utile service qu’un médiocre discoureur puisse rendre à la chose publique. »

Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, L. III, 1re partie, ch. XXI

« Le raciste s’exaspère, parce qu’il soupçonne en secret que les races sont égales ; l’anti-raciste aussi, parce qu’en secret, il soupçonne qu’elles ne le sont pas. »

Nicolás Gómez Dávila

Si j’en crois un rapide coup d’œil sur ma page Facebook, ce matin, mes relations se divisent, pour leur très large majorité, entre la bêtise enthousiaste du révolutionnaire de salon, et la bêtise pleurnicharde du privilégié menacé : deux archétypes du conformisme le plus ventripotent et le plus moite, donc. Lire la suite

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