Plaidoyer pour la Gaulle forte

menhir

La Gaulle était un pays riche, prospère et puissant. Son monarque s’était taillé un pouvoir à sa mesure, alliant un centralisme transitoire avec une démocratie sociale inespérée. C’était le temps où l’esprit de la Constitution gouvernait sur sa lettre, où l’on pouvait être fier de ses institutions sans rougir de leur dévoiement. C’était une époque bénie où les opposants au régime avaient des couilles, du cœur et des convictions. La Gaulle était un pays qui pouvait se dresser fièrement et sans complexe au milieu du concert des nations pour affirmer l’excellence de la voie française. L’indépendance énergétique et l’arme nucléaire nous assurant enfin la paix, nous pouvions entrer dans la construction européenne sur une base libre et sereine. C’était une époque où c’était la France qui finançait la réunification allemande, en égale et en partenaire généreuse.

Un rideau de fer nous indiquait alors sans ambiguïté où se situait le fascisme totalitaire en Europe.   Les néopolitburo de tout acabit et autres pasteurs en civil pouvaient toujours nous bassiner avec leur bonne parole, ce mur était là contre lequel leurs rêves dictatoriaux venaient inéluctablement se briser.

Mais que reste-t-il aujourd’hui de cette Gaulle puissante et rassembleuse, à part quelques illusions rétrospectives ?  Aujourd’hui l’on ne goûte nul autre rassemblement que celui des désespérés, moqué par la cabale des nouveaux dévots. Nulle prospérité, si ce n’est celle des exilés dans la tour d’ivoire de leur bonheur privé, nulle réconciliation du peuple, sauf celle de la connivence des anathèmes.

La Gaulle bande mou, hélas, car elle est faible et pessimiste, et plus elle désespère, plus elle s’affaiblit. L’Europe, qui doit être franco-allemande ou ne pas être, nous déçoit ou nous aveugle. Monsieur Seguin avait pourtant mis en garde ce Parlement de chèvres bêlantes, prêt à toutes les compromissions pour vendre à bas prix notre souveraineté, qui n’est que populaire ou qui n’est pas.

Douze ans de chiraquisme et cinq ans de sarkozisme avaient cru pouvoir achever enfin notre nation sous l’immobilisme, le mensonge et la grossièreté. Mais c’était sans compter sur l’ironie de l’histoire, et la France, comme le lion de la fable, doit désormais subir les coups de sabot d’un âne.

Le spectacle de notre vie politique est chaque jour plus affligeant. Ce concours de verges molles et d’incompétence hypocrite n’a pas tellement de quoi nous faire sourire. Entre Valls qui croit qu’il faut être au PS pour se permettre d’être de droite, entre messieurs Fion et Copé-le-courant qui font du FN à l’UMP, on ne compte guère que madame le ministre Taubira qui ne soit pas partie prenante de ce ballet de petites honteuses mal assumées.

Tandis que la mauvaise foi de l’opposition renforce chaque jour la bonne conscience de notre gouvernement, les grandes réformes échouent et nulle concertation populaire n’est poursuivie par qui que ce soit. On s’insurge, on se goberge chez les bien-pensants contre les sifflets et les bonnets rouges du 11 novembre, et on veut assommer les vivants avec le moralisme des morts, même si ces morts héroïques n’ont pas offert leur vie en sacrifice pour qu’on jette leur sang comme une insulte à la face de leur propre peuple.

NKM, dans une récente conférence, déplorait le manque d’audace de nos politiques, et le manque de culture et de diversité sociologique de nos élus. Je me contenterais, personnellement, d’interroger leur lucidité ou simplement leur QI.

Ceci  est un plaidoyer pour une Gaulle forte, monsieur le Président. Pour une France rassemblée et populaire, pour une démocratie sociale et réelle, pour une opposition constructive et unie. Madame Le Pen, qui doit sans doute trop lire les pâles épigones du regretté monsieur Goscinny, nous bassine avec ses Gaulois. En mauvaise fille, elle n’a pas écouté les leçons de son paternel : la France manque de couilles, et nos élites de convictions et d’audace, pas de rayures ni de sangliers.

Ceci est un appel au courage, monsieur le Président, et un plaidoyer pour la Gaulle forte : vous avez été élu pour nous permettre de retrouver tous ensemble la Gaulle bien forte et bien fière de nos aïeux. Aussi, je vous enjoins à bander autrement que par la procuration des matraques de nos CRS, je vous incite chaudement à raviver la passion française autrement qu’avec des coups de langue de bois, et à croire en vous-même, si vous voulez seulement que les Français croient en vous.

Dans vos appartements élyséens bunkerisés, vous croyez être le soliveau qui précède la grue de la fable ; mais avez-vous songé à la possibilité d’être le dernier des rois fainéants ? Si vous ne voulez pas rester le héros grotesque de l’une des pages les plus lamentables de notre histoire nationale, si vous ne voulez pas que la flamme du soldat inconnu préfère s’éteindre de honte plutôt que de continuer à mettre en lumière une telle impéritie, réveillez-vous et recevez vos concitoyens, vos égaux et vos juges.

Et permettez-moi ce conseil, si vous ne savez comment vous y prendre : commencez à bander bien dur, la nuit dans votre lit, le jour, derrière votre bureau, et alors on peut espérer que le cœur et les idées suivront.

Alexandre Pâris

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