Plaidoyer pour une Union sacrée

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Carte postale de Armand Vallée, 1916, imprimée par la maison Fantasio.

En période de crise, comme celle que nous vivons, la société prend conscience qu’elle a plus que jamais besoin d’union et de réconciliation pour affronter les situations difficiles. Comme celle qu’a connue la France en 1914, où se réconcilièrent républicains revanchards (socialistes et radicaux) et catholiques contre l’impérialisme allemand.

Aujourd’hui, c’est le gouvernement qui prétend pouvoir tous nous réconcilier ; cela en réactivant des vieux clivages auxquels plus personne ne croit, qui sont pourtant les plus médiatisés : l’antifascisme, le laïcisme négatif, l’internationalisme… La liste complète serait fastidieuse. Le gouvernement veut créer la concorde en faisant l’économie du débat, et avec une constance presque émouvante dans son manque de pertinence, de réflexion et de consensus.

Le conflit est le pendant nécessaire de l’unité, qui est toujours précaire et tributaire d’un « plébiscite de tous les jours ». Sans conflits, pas de vigueur intellectuelle, pas de débat ni d’engagements personnels. Pour le philosophe George Simmel, c’est justement le conflit qui permet une libre concorde. Parce qu’à l’issue du conflit (qui n’est pas réductible à la violence physique, au contraire), il y a la conscience d’une nécessité de s’entendre, même quand on n’est pas d’accord sur tout. C’est ça qu’on appelle justement le compromis, et qui n’est pas non plus, ici, réductible à la compromission.

Prenons par exemple les divisions qui s’expriment différemment et diversement entre les trois communautés chrétienne, musulmane et juive. Leurs dissensions sont consubstantielles à leur identité et leur liberté de conscience. Ainsi, elles seront nécessaires jusqu’à l’Apocalypse. Prétendre les réconcilier éternellement, c’est mentir ou laisser dominer l’une sur les autres. Cependant, la solution de ce conflit n’est pas la guerre, mais bien plutôt un consensus vigoureux sur la loi naturelle.

Or, cette loi naturelle est justement ce que le gouvernement prétend abolir pour « réconcilier » la nation. Le socialisme ultramontain (entendez, européiste) est la quatrième religion de ce pays, dont le clergé séculier prétend assurer une domination qui n’est pas politique mais morale, et qui en cela n’est pas républicaine. Le gouvernement professe un apaisement des communautés qu’elles accusent d’être porteur de violence, en abolissant justement ce qui les relie. Il n’y a qu’avec la réalité qu’on peut réconcilier les gens, jamais avec l’idéologie, qui est justement ce qui est propre à chacun et divergeant des autres. Or notre gouvernement est particulièrement idéologique, au lieu d’être pragmatique et réaliste.

LMPT, Bonnets rouges,  « quenelliers » et tous les nombreux autres sont autant de mouvements subversifs qui refusent de taire leurs opinions. Ils prétendent au contraire exercer une citoyenneté engagée et active, dans la poursuite de l’intérêt de la Nation. Ces courants sont divergents sur bien des points et potentiellement conflictuels. Mais ils se retrouvent dans la légitimité du nombre et de l’engagement à travers une subversion qui est d’abord émancipatrice avant d’être suffisante. Ces mouvements représentent des millions de citoyens, mais ne résument pas toute la Patrie, que personne ne saurait d’ailleurs représenter qu’un gouvernement d’intérêt général que la France n’arrive jamais qu’à trouver (ou perdre) dans l’urgence et le danger.

Cet esprit rebelle et bon enfant généralement, violent marginalement, n’est pas suffisant. Certes, une union sacrée commence à poindre contre le gouvernement mais ceci n’est qu’un préalable. Aussi, cette tribune est un plaidoyer pour l’organisation d’« élections pour tous », en dehors du calendrier officiel. Dans les immeubles, les quartiers, les communes, les départements et les régions.

Notre salut réside dans la vivacité d’une opposition et d’un débat que le monde médiatique refuse de laisser prospérer. Il faut que les Français se parlent entre eux, se rassemblent en groupe, s’époumonent et s’invectivent, et puis, las, se réconcilient autour d’un réel gouvernement d’union des forces, derrière des hommes politiques renouvelés et passés au crible d’un suffrage vigoureux. Les politiciens ont beaucoup parlé de « mariage pour tous », mais le seul dont devrait se préoccuper d’abord la politique, c’est celui qu’on appelle la concorde publique. Mariage de raison plus que d’amour, qui n’exclut pas, au prix d’efforts, de compromis et de reconnaissance, que naissent une réelle fraternité nationale.

Dans cette entreprise, les chrétiens ont particulièrement un rôle à jouer pour sauver l’héritage de la démocratie chrétienne des lendemains de la guerre. Héritage qui a fondé la réconciliation allemande, l’Europe et une République que d’autres prétendent nous retirer et dévoyer au détriment de l’intérêt général.

Pour que vive la France et la République gaulliste, Français de tous horizons, unissez-vous !

Alexandre Pâris

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