L’affiche (2) : Vous êtes bien en Île-de-France

QdV-board-800x597

Plus d’été pourri à Paris. Surfant sur un énorme « ici » (où l’on invente demain, selon le slogan de la Région), l’image, dans toute sa puissance, nous propose de faire sortir le Francilien de son horrible spirale dépressive estivale ; ce demi-coma que subit l’homme de la rue, son ivresse moite quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle. Dépressif et fatigué, on le voit errer dans le métropolitain en rêvant de la grande vague, celle qui pourrait le projeter à moitié nu sur la plage, la divine semaine de congé payé. Et c’est à cet instant que notre bonne Région, notre Bonne Étoile devrait-je dire, comme le suggère son logo coruscant, délivre son message salvateur : « il existe au milieu du temps la possibilité d’un île ». L’origine du topos Île-de-France désignant la densité aquifère du bassin, l’entrelacs humide des Ourcq, Seine, Marne et autre Oise, plongeons dans la solution toute trouvée que nos politiciens-médecine ont concoctée pour éradiquer la langueur urbaine et périurbaine de leurs contemporains : l’île de loisirs. Embarquons pour cette destination de proximité. C’est arrivé près de chez vous !

Sur un énorme ici rouge donc, une madone moderne au doux visage de Ségolène Royal, rayonnante tout en sécurité dans son gilet flotteur est tirée, irrémédiablement, non pas par un bateau, (la corde suivrait la ligne de flottaison) mais vers le haut, par les anges mêmes ! Rédemption estivale pour le pécheur mélancolique ! Venez recevoir l’absolution par le fun.

Vous êtes Bien en Île-de-France.

Bonaventure Caenophile

Publicités

Panorama de la culture geek (8) : Le steam-punk, une machine à raccourcir le temps?

dishonored-review-boat-1920

Dishonored, Londres à la mode steam-punk.

« J’ai vu tourner les arbres d’hélice qui pèsent trente tonnes et dont le jeu est réglé à deux dixièmes près. […] J’ai suivi la circulation du mazout, des soutes jusqu’aux trente chaudières, où il se déverse en un torrent de feu. […] J’ai assisté au travail mystérieux des graisseurs, debout devant les yeux bleus, blancs, rouges des chaudières. Puis d’étages en étages, j’ai grimpé aux échelles, en me faufilant sous le ventre tiède des immenses condensateurs tout argentés et semblables à un troupeau d’éléphants agenouillés. » Blaise Cendrars, A bord du Normandie, 1935.1

 

Lire la suite