Ni gauche, ni droite. Extrêmes.

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A l’abordage.

 

« Il faut rester dans la légalité et nous y resterons,

dussions-nous prendre le fusil et clouer au mur

tous les opposants du peuple! »

(Le Petit Monde de don Camillo) Lire la suite

La pierre du scandale

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La Danaïde, par Auguste Rodin, 1885, marbre, musée Rodin, Paris.

Le philosophe Marcel Conche confiait dans un entretien que l’expérience d’Hiroshima – et la mort des enfants innocents qui y vivaient – du 6 août 1945 constituait pour lui le plus grand désaveu de l’existence de Dieu. En effet, comment Dieu avait-il pu laisser se produire un tel scandale, sous ses yeux, sans agir ? De même, certains déportés feront le même douloureux constat : ils souffraient dans une horreur indicible, et sans doute appelaient-t-ils à leur secours le Créateur, et pourtant Il semble avoir attendu la venue des Alliés pour mettre fin aux camps de la mort. Mais Dieu n’agit-il pas justement dans le cœur de l’homme, et « si le mal prospère », n’est-ce pas « à cause de l’inactivité des hommes de bien », comme disait Edmund Burke ? Lire la suite

Gleeden 2 : Le retour

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Toujours en r’tard, on est toujours en r’tard! in Alice in Wonderland, Disney, 1951.

On a pu constater récemment que le gouvernement tente laborieusement de s’adapter aux grandes directives de l’esprit moderne en imposant le progrès avec force loi et moult mépris pour les mécontents qui s’y opposent . Et pourtant cette précipitation mal masquée révèle bien autre chose que la seule allégeance aux grandes nouveautés du moment : l ‘heure est grave en effet : les modernes au pouvoir sont en retard. Lire la suite

La guerre est déclarée

La bataille de Crécy - Froissard

La bataille de Crécy – Froissard

Chaque minorité revendique le monopole de l’oppression de la majorité, de l’Histoire et du pouvoir, et ainsi veut s’arroger à son tour et pour elle seule la domination. Le sage, qui sait que les torts sont partagés depuis le commencement du monde – et que la ligne du bien et du mal est plus ténue que le fil d’une aiguille – réconcilie, reconstruit la concorde, exigeant à la fois l’effort et la réparation chez chacun et pour tous. Le mauvais juge tranche grossièrement, et renonce à trancher tout à la fois, il reste au pied du mur et refuse d’avancer, gronde et se pourlèche : il aboie, trépigne, mord, et cherche la main d’un maître. Car le juge ne peut dire ce qui est bien et ce qui est mal, mais seulement distinguer le légal de l’illégal, en se fondant sur une loi qu’a bâtie une conception commune du bien. Mais on ne rallume pas un feu si l’on n’en voit plus les braises, on ne lit pas une loi qui n’a plus d’esprit. On demande aujourd’hui au juge de se faire Salomon, tout en lui interdisant de se rendre au temple. Deux femmes revendiquent l’enfance ; l’une pense qu’elle survivra à l’épée du législateur, l’autre non.

Le libertin veut la débauche sans gêne, et le délicat veut l’amour sans gêneurs. Le premier veut arracher les yeux du second qui voudrait bien que tout deux voient la même chose.

Le libéral veut que les méritants reçoivent, et chacun appelle mérites ses propres vertus.

Ils ne s’entendront jamais, car ils vivent dans autant de mondes qu’ils ont d’idées et de sensibilités particulières. Leurs yeux ne voient pas les mêmes dessins, leurs oreilles n’entendent pas les mêmes mots, leurs esprits ne conçoivent pas les mêmes figures, leurs désirs ne caressent pas les mêmes objets.

Il n’y a qu’une alternative pour chacun d’entre eux. La première solution, chercher à plusieurs à élaborer un agrégat inconstitué d’idées communes, autrement dit élaborer un tiers monde qui n’a de bois que la langue, et que le feu sacré de la révolte brûlera toujours lorsque sa colère lui aura rappelé sa joie ravie, le jour ou à l’ennui aura succédé la lassitude ; monde imaginaire où aucun être de chair n’a jamais pu habiter, puisqu’il ne satisfait personne, puisqu’il est imparfait du point de vue de chaque système, puisqu’il fait dominer un système sur les autres sans le dire et qu’il tait les maux qu’il engendre, et que tôt ou tard les querelles renaissent et dégénèrent en affrontement. Les rois fainéants en peignent des toiles qu’ils accrochent en haut des arènes, et le peuple accuse en les contemplant la douleur de sa nuque à son ignorance, jusqu’au jour où, prenant conscience de la supercherie, ils les déchirent et les font avaler à ces mauvais tyrans.

La deuxième solution, la seule qui ait jamais construit quoi que ce soit en ce monde, c’est la guerre culturelle, la propagande des idées, bien plus humaine et raisonnable que la violence primaire qui supprime et perd le bénéfice de la vie, mais qui au contraire change les idées et les désirs de celui d’en face, et le convertit à son propre rapport au monde.

Cette guerre de raison et de sentiment, sans merci pour l’ennemi, impitoyable pour l’indécis, c’est celle du mensonge contre la vérité.

Le mensonge substitue à nos regards un monde qui s’accorde à l’indétermination de la condition humaine et l’inconstance de nos désirs. Son arme est celle des forts : la violence de la légèreté, de l’insidieux et de l’irrationnel. Contre elle, la violence sacrée du faible est toute vaporisée par une savante chimie. C’est l’amour du renoncement, de l’esclavage et de l’oubli : l’amour des miettes qui tombent de la table des puissants.

La vérité révèle une voie nouvelle et l’amour de cette voie, sa force est celle de l’inclination vers ce qui est grand et qui élève à soi.

La guerre est déclarée depuis des millénaires, et chacun voit chez l’autre le cancer de la vie. Et pourtant, la santé de la vie, c’est la joie, et la joie n’éclate-t-elle pas au grand jour ?

La guerre est déclarée, et les victorieux se réjouissent déjà de leur victoire ; tandis  que l’excité prend son impatience pour de la liesse, jusqu’au moment où le miroir de la déconvenue lui montrera ses dents jaunies par son mauvais vin, et lui fera réaliser que l’éblouissant orage sous lequel il dansait ses sabbats n’était qu’un feu de paille.

Iraes Cintraprado