Le Sacré-Cœur est communard, ignare !

Manet

Guerre civile, lithographie d’Edouard Manet, 1871, Musée des Beaux Arts de Budapest, Hongrie.

La profanation de la Basilique du Sacré-Cœur a fait réagir Bonaventure Caenophile : il propose aux délinquants une petite leçon d’Histoire.  Lire la suite

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Métro sexuel

RVBStalingradRéflexions sur les comportements scandaleux qui perturbent le bon déroulement de nos pérégrinations souterraines, par Eric Campagnol. Lire la suite

Somme sommaire pour les Gentils

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Le Sacrifice de Noé, par Michel-Ange, 1477-1483, Chapelle Sixtine, Cité du Vatican, Rome.

Jules Renard, dans son Journal, affirme qu’il faut avoir le courage de préférer l’homme intelligent à l’homme très gentil. Céline qui ne peut s’empêcher de dire les horreurs que tout le monde pense tout bas, le relance d’un « Si on se laissait aller à aimer les gens gentils, la vie serait atroce. » Lire la suite

Dominique Venner, l’homme qui a eu tort

venner-dominique-Dominique Venner s’est donné la mort, hier après-midi, au pied du maître-autel de Notre-Dame-de-Paris, d’une balle dans la tête. Un geste perturbant qui n’a pas manqué de soulever des questions : pourquoi se suicider à soixante-dix-huit ans ? pourquoi ce païen convaincu a-t-il décidé de terminer sa vie dans l’un des cœurs de la chrétienté médiévale ?

Venner était historien, spécialiste de l’armement. Il avait beaucoup écrit sur les temps troublés de la première moitié du XXe siècle, et maintes fois rappelé son attachement au socle hellène, romain et celte de la civilisation européenne, socle démantelé par le judéo-christianisme. Dans un élan très antique, il s’est volontairement donné la mort, non pour mettre fin à une dépression, non pour fuir la réalité de la vie, mais pour secouer les consciences, leur ouvrir les yeux sur le « grand remplacement » de la population française par l’immigration extra-européenne. Une fin triste qui ne manquait pas de noblesse. Lire la suite

Nombre de mes amis

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Où sont les flans?

Nombre de mes amis, durant les derniers mois m’ont demandé pourquoi je ne manifestais pas contre le projet de mariage pour tous. Je les comprends, moi-même extérieurement, je me donnerais le Bon Dieu sans confession.

Je ne débattrai pas du pour ou contre le « mariage pour tous » ; je souhaite simplement parler de la « Manif Pour Tous ». Et je ne crois pas à l’efficacité politique de ce mouvement. Lire la suite

Passion irlandaise

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Andrea Riseborough, bleu pétard sur bleu pluie.

Personne n’a oublié la guerre, de l’autre côté de la mer d’Irlande ; au cinéma, après l’incroyable et magnifique Le Vent se lève de Ken Loach, palme d’Or à Cannes, il semblait difficile de revenir sur un sujet si prompt à raviver un conflit complexe et sanglant, et il faut le dire, un sujet qui est déjà devenu un topos du cinéma d’affrontement et de réflexion sur la violence. Avec Shadow Dancer, James Marsh s’est risqué sur ce terrain, et s’est donc volontairement éloigné de la question du nationalisme et de la lutte armée. Aussi s’est-il peut-être moins risqué sur le plan esthétique, même si le film est d’une propreté irréprochable ; on retrouve les visuels pragmatiques mais un peu trop conventionnels des bons films anglais des cinq dernières années (par exemple La Taupe et Tyrannosaure).  Cependant, les quelques « portraits » que nous livre le Britannique sont très beaux, cristallisant et intensifiant les émotions des personnages. Mais les yeux sans limites et les traits aux charmes étranges d’Andrea Riseborough  intensifient sans aucun doute chacune de ces prises : dès l’introduction, dans le métro londonien, on perçoit à quel point l’utilisation d’imperméables ou pulls de couleurs vives peut métamorphoser le visage de l’actrice.

Elle joue une terroriste irlandaise, retournée contre son gré par le MI5 pour sauver son enfant, une femme qui doit donc espionner sa propre famille. Une collaboration pleine de défiance et de danger unit dès lors un agent du MI5, interprété avec pudeur par Clive Owen, et cette traitresse irlandaise portée intensément par Andrea Riseborough.

Le cinéma d’outre-manche, vous disais-je, cultive avec patience son petit jardin romantique, celui de lieux communs. De La Taupe, on retrouve ici l’idée centrale d’une trahison, et de l’espionnage : 007 n’est jamais loin ; de Tyrannosaure, la réalité de la misère sociale dans les banlieues pavillonnaires des îles britanniques : on pense au sinistre et provoquant Harry Brown. Mais la production irlandaise ajoute à ce réalisme à l’anglaise quelque chose de plus profond, car l’Irlandais filme avec son âme. C’est parfois d’une tendre naïveté, mais l’influence d’une véritable mystique catholique sur la terre de Saint Patrick, et, de façon admirable, dans ce film, ne peut nous échapper. Tout d’abord, le contexte historique rapproche les terroristes irlandais des années 90 des Zélotes qui sévissaient sous Tibère; leur combat est condamné dans tous les sens du terme : par l’Histoire, et par la morale, même s’ils conservent un statut de victime. Mais Marsh se permet surtout de constituer un entrelacs de figures évangéliques contradictoires. Il y a les sacrifiés, ceux qui reçoivent le martyr, figures christiques pleines d’amour. Ce n’est pas pour rien que le personnage de Clive Owen s’appelle Mac, ce qui veut dire « fils de » en gaélique, sans que son nom de famille ne soit jamais divulgué. Car c’est un monde où les pères ont disparus : le mari de Colette n’est jamais mentionné, et pourtant elle a un fils ; cela laisse en suspens l’idée d’un martyr douloureux, mais surtout d’un pseudo immaculée conception. Comme pour contrebalancer l’absence des pères et aussi celle des prêtres  la figure maternelle dans ce film est donc une figure virginale mais aussi celle de la pécheresse par excellence, Eve, la femme qui délivre la connaissance à l’homme. Elle embrasse, comme Judas l’Iscariote, celui qu’elle va trahir ; cette scène du baiser est terriblement poignante, pleines de sentiments contradictoires expulsés tout d’un coup. Nous effleurons la beauté supérieure et mystérieuse de l’amour sacrificiel. Et pour compléter cette ballade irlandaise, les agents du MI5 semblent se laver les mains du sang qu’ils laissent couler, tel le gouverneur de Judée. Mais c’est bien l’ambiguïté douloureuse mais sublime du terme de passion qui est mise en scène, belle et létale comme une danse de l’ombre. S’imprégnant de psychologies troubles et de pluies, nous touchons peu à peu, au delà de la sécheresse d’un conflit sclérosé et fatigué, à la douloureuse humidité du cœur de l’être humain..

Bonaventure Caenophile