Nombre de mes amis

flan

Où sont les flans?

Nombre de mes amis, durant les derniers mois m’ont demandé pourquoi je ne manifestais pas contre le projet de mariage pour tous. Je les comprends, moi-même extérieurement, je me donnerais le Bon Dieu sans confession.

Je ne débattrai pas du pour ou contre le « mariage pour tous » ; je souhaite simplement parler de la « Manif Pour Tous ». Et je ne crois pas à l’efficacité politique de ce mouvement. Lire la suite

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La France Orange mécanique ? (I)

Alex

Alex

Vous avez lu l’ouvrage de Laurent Obertone ? Drôle de type, non ? Qu’est-ce qu’un saumon a bien pu en retirer ? Permettez-moi d’abord, en guise d’introduction, de m’attarder sur le film auquel l’auteur fait référence.

Le célèbre film de Stanley Kubrick, librement inspiré du roman d’Anthony Burgess, avait beaucoup marqué les esprits à sa sortie en 1971. Le réalisateur voulait en faire la dénonciation de son époque qui, disait-il, « insuffle trois désirs impérieux à la jeunesse : le sexe, la violence et la drogue ».  Le protagoniste Alex est un jeune esthète issu d’une banlieue pavillonnaire, il est élevé par deux parents relativement peu préoccupés par leur progéniture. Alex est tout adonné au culte de la Sensation : il aime la musique, les parties à plusieurs, les boissons énergétiques (le moloko+) et les bastons contre les autres bandes qu’il affronte au côté de ses droogies. Un chic type quoi, façon Redbull. Il porte un slip majestueux, une belle canne de dandy et un chapeau melon. Classieux avec ça. Alex Delarge est un esthète rare qui ne se contente pas de draguer des filles qui aiment sucettes : il écoute avec jubilation la 9e de Ludwig Van. Culturé le gars en plus. Si possible en violant la femme d’un autre, sous ses yeux c’est encore mieux, multiplie les partenaires, tue des clochards ou des vieilles hystériques (si possible, avec un phallus en formica) qu’il cambriole ensuite.

Deux types de personnage s’opposent dans le film : ceux qui se contentent du sexe et de la drogue (la vieille à chat ou les parents d’Alex) et ceux qui appartiennent à la famille des droogies : eux, ils aiment aussi la violence et ne se contentent pas de cultiver leur jardin secret. La scène d’assassinat par phallus contondant interposé illustre particulièrement cette tension entre les deux genres sociologiques : le phallus se révèle être un objet d’art auquel sa propriétaire est manifestement très attachée, et Alex s’en saisit, non pas pour ouvrir une nouvelle voie du happening artistique intergénérationnelle et festif, comme on aurait pu s’y attendre, mais pour fracasser le crâne de sa propriétaire. Kubrick semble suggérer que les voyous comme Alex sont les rejetons des libertariens. La première génération relève la société, travaille et  attend son Salut, la deuxième dissout les mœurs et édicte que chacun jouisse tranquillement dans son jardin secret, en respectant la propriété et l’intégrité des individus. La troisième génération se révolte de l’inégalité d’accès aux paradis artificiels, et se sert chez le voisin, en se procurant objets, denrées et jouissance à ses dépens. En clair, les émeutes de 2005 ne sont que les dignes rejetons de  1968. C’est simple comme bonjour : jouissez sans entrave, certes, quand on est un étudiant branché du quartier latin on n’aura pas trop de mal à trouver de la louloute. Mais quand on est Jean-Mamamdou, 120 kg et 200 mots de vocabulaire, la chose ne sera, hélas, pas aussi aisée. Le rustre sera tenté de se servir dans le plat, avec les doigts en plus. Ça s’appelle une correction des inégalités de départ, un ajustement du capital d’accès au plaisir, de l’imagination créative ou une chance pour la France. Un darwiniste social comme Laurent Obertone vous dira qu’ils n’ont pas intégré les règles élémentaires de la société, qui a banni la violence comme élément valable de sélection au profit de l’intelligence. Le voyou, en effet, en violant son prochain, déroge à la sélection de l’espèce qui aurait – c’est bio-lo-gi-que – préféré un étudiant HEC usant, non de la coercition (c’était bon  du temps de Gengis Khan) mais de la persuasion courtoise. Les droogies sont tout simplement des réactionnaires du point de vue de l’évolution ! très souvent dotés d’un QI insuffisant pour s’adapter à la guerre sociale autour de l’obtention de la respectabilité, ils ne se résignent cependant pas au travaux manuels. Esprits économiques froids et calculateurs par excellence, ils trouvent plus rentable, dans une société peuplée d’intellectuels physiquement vulnérables (et du point de vue burne, assez mous) et de juges laxistes, de violer, voler et violencer à tour de bras, en vertu du triple V vengeur et victorieux des Vilains. C’est l’explication que met en évidence Laurent Obertone dans son ouvrage. Que faire, dès lors, avec ces gens-là ? Il faut soit les écarter, soit les écarteler, soit les rééduquer. Dans le film, c’est un sérum qui est mis au point pour  mettre Alex hors d’état de nuire. Sérum qui se révèlera finalement être, en plus d’une insulte au libre-arbitre, un échec cuisant. Quelqu’un de généreux avec l’argent des autres en général et de droite en particulier, vous dira que c’est la faute aux riches, et redistribuera les richesses en lançant un joli plan d’assistance sociale, avec psy, éducateurs et rappeurs subventionnés. Car on peut écouter un rappeur subventionné par la mairie chanter Nique la Police et toucher le RSA en même temps, c’est incohérent, certes, mais c’est normal, depuis que la gauche a cessé de vanter la probité et la vertu comme impératifs sociaux. Excusez-moi, je suis injuste, car le fait de changer de sexe pourrait résoudre la question, puisque l’expression machiste de la virilité des voyous serait reconvertie en consécration sexuelle au service des joggers du bois de Boulogne.  Ce serait pas mignon, une petite douceur exotique  un matin de brume ? Les libertariens ont toujours la bonne solution : la partouze, le bonobo ou le congélateur.

Un néo-conservateur, au contraire, vous dira que ce ne sont que des parasites, et qu’il faut soit les enfermer, soit leur faire recouvrir le sens des réalités à grands coups d’austérité. On ne sait pas en revanche comment réprimer les éventuels mouvements sociaux qui s’ensuivraient, sinon en agrandissant les prisons. Un nazi vous en fera au moins la grâce d’être ouvertement arbitraire : il fera d’Alex soit un SS flambant neuf (main d’œuvre excellente pour une révolution nationale), soit un abat-jour, selon l’humeur du temps. Marx, dans son savoureux franc-parler, vous dira qu’« il faut fusiller cette engeance vénale et importune », parce que les gens qui n’aiment pas la vertu sont des bons à rien. La charia propose de couper les mains ou de lapider,  en fonction du degré de droitdel’hommisation effectif du pays. Le bon sens pencherait pour le pilori, puis l’indulgence, si l’amendement est sincère. Car tout pédagogue sait que ce n’est pas la punition qui exclut, mais la faute, et que la première doit être un acte de réparation et de réintégration. Et que surtout, qui aime bien châtie bien. En gardant les deux mains si possibles. Sinon pas de chocolat ; et que vaudrait une existence privée de Kinder ?

Alex Pâris

à suivre…