Léon, Ernest, Victor, Emile et tous les autres (une histoire de zombie)

1889_Christ_aux_outrages_(de_Groux)

Le Christ aux outrages, Henry de Groux, 1889, huile sur toile, collection privée.

Léon Bloy avait pour ami Ernest Hello. C’était une chose étrange pour quelqu’un comme Léon Bloy, qui n’aimait généralement pas grand monde, si ce n’est son Seigneur, ses Saints, ses Saintes et ses Putains. Et qui surtout abhorrait toutes sortes d’écrivains. Ils faisaient frémir sa lourde moustache, et ces yeux ronds à leurs noms devenaient comme fous. Il y avait quelques raisons à cela. Un jour où il était dans le besoin, comme presque tous les jours de sa pauvre vie, Léon Bloy était allé voir Emile Zola, l’écrivain étant fort riche, tant il se goinfrait à la table d’Ernest Rougon en délirant sur la naturalité de l’art, rêvant dans ses draps de soie du Germinal des mineurs, et maudissant tout bas son cousin Eugène Saccard, son double maudit. Léon Bloy ne fut pas reçu. Pas un franc, ni un repas chaud, ni même un mot. C’était bien le domestique de Zola qui le mettait à la porte, sans aucune explication. Lire la suite

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