Tous à poil, vraiment ?

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Une polémique de plus, dans laquelle il n’y aura ni vainqueur, ni perdant, mais tout ce qu’il faut d’imbéciles dont se moquer. Lire la suite

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Demain, Marianne enlève le bas

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Le tableau ringard de Delacroix mérite une petite mise à jour

Le nom d’Ina Shevchenko est désormais connu : c’est celui de cette allumée d’Ukraine qui nous fait profiter de sa charmante poitrine à chaque fois que le patriarcat fait mine d’être encore en vie. On pourrait la remercier ; un tel spectacle, fréquent, et gratuit qui plus est, c’est presque Noël tous les jours. Lire la suite

Indochine sur le Mur des cons

Une polémique n’est jamais à prendre à la légère, parce qu’elle est un signe des obsessions du temps ; l’une des obsessions du nôtre est d’ailleurs la polémique elle-même. Rien qu’en ce moment, les journalistes français en ont au moins deux toutes fraîches sur le feu : la polémique du « mur des cons » et celle qu’a provoquée le dernier clip d’Indochine. Lire la suite

Peut-on moraliser le vide ? ou La Momie voulant se faire plus morte que les zombis

Scène du film "La Momie"

Scène du film « La Momie »

Notre époque moderno-moderniste est décidément le théâtre d’oppositions ahurissantes d’inanité. Récemment se sont opposés défenseurs de la liberté d’expression et partisans de la morale républicaine, regroupés derrière l’inénarrable Najat Vallaud-Belkacem. En d’autres termes, pour être plus précis : les défenseurs de la liberté de bafouiller son petit avis personnel (surtout s’il est celui de tout le monde) se sont opposés aux indispensables vigilants citoyens, rabâcheurs infatigables des évidences morales les mieux partagées. Chacun est à son poste, c’est parfait. Modernes contre modernes, opposition affriolante s’il en est !

Le ministre de l’impayable ministère des Droits des Femmes (et de toutes autres victimes ayant pour principale envie d’être sacrées nouvelles idoles pour les siècles des siècles) a dit sa détermination à faire condamner les auteurs d’odieux « dérapages » racistes et homophobes sur le réseau social Twitter. Faut-il s’ennuyer ferme pour n’avoir d’autre projet que de « moraliser Twitter » ! On se demande qui est le plus vain de l’internaute décérébré qui poste des messages d’insultes, ou de celle qui s’ingénie à les condamner et à les combattre, donc à les prendre au sérieux… Faut-il manquer cruellement d’adversaires réels, qui tiennent un tant soit peu la route, pour se pencher sur le cas si déséspéré des bafouilleurs et ânonneurs indifférenciés englués dans Twitter, quand les insultes que ceux-là profèrent, aussi indignes soient-elles, ne seront jamais que poudre de néant jetée aux yeux exorbités, perpétuellement écarquillés et embués d’ennui, des indéboulonnables Vigilants subventionnés.

Loin de moi l’idée de penser que Najat Vallaud-Belkacem chercherait désespérément à justifier, par de telles actions et sorties médiatiques répétées, l’utilité de son misérable ministère… Quoi qu’il en soit, elle s’outre. Encore et toujours elle rabâche ses condamnations morales, ânonne son catéchisme socialiste, égalitaire et solidaire, toujours plus dans le même sens, au sein du consensus le plus étouffant. C’est que l’insulte devient très vite intolérable, même inconcevable, pour qui se considère l’incarnation de valeurs relevant du Bien absolu, de Droit socialiste divin… Il est à craindre qu’à terme, par delà l’horizon bouché de cette misérable « polémique », c’est la suppression de toute insulte et de toute velléité d’opposition qu’envisage cette illuminée qui irradie de modernité. En attendant cet avenir radieux (qu’on me pardonne un tel pléonasme) elle passe le temps en s’indignant de « dérapages verbaux » en tous genres. Comme si les réseaux sociaux, quels qu’ils soient, pouvaient être autre chose que des décharges à ciel ouvert, que des cimetières à tombeaux ouverts d’où s’échappent les masses indifférenciées de zombies anonymes pseudonyfiés, libérés des règles les plus élémentaires de la langue et de l’intelligence, devenant de plus en plus hargneux et haineux à mesure qu’ils finissent de se ressembler tout à fait les uns les autres, jusqu’à devenir de parfaits interchangeables, égalisés comme on en rêve…

Toutefois notre cher ministre des Droits de Chacun et n’importe qui à exiger tout et n’importe quoi de préférence s’entête à considérer que Twitter pourrait être un lieu d’échange et de communication assaini. Il n’y a qu’une telle momie, enrubannée de ses sacro-saints principes républicains, pour décider de s’attaquer à de pareils fantômes du Net. Il faudra décevoir la courageuse Najat Vallaud-Belkacem : on ne moralise pas le néant, surtout lorsqu’on en fait partie…

P.-L. P.