La bouleversante signifiance du Verbe universel

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« Figure-toi ce monde, figure-toi ce monde immense dont les voûtes incommensurables sont portées par les galaxies, dont les vitraux sont les étoiles et les astres. Lire la suite

Réponse à « Guère de religion » : Les guerres du XXe siècle furent religieuses ou ne furent pas.

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Le Triomphe de la Mort, Pieter Bruegel l’Ancien, circa 1562, Musée du Prado, Madrid. © Musée du Prado.

Réponse de Jean-Suie Fortaise à Bonaventure Caenophile. Lire la suite

Guère de religion

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Eugène Delacroix, L’entrée des croisés dans Constantinople, 1840, huile sur toile, Musée du Louvre, Paris. Par the Yorck Projet.

« Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas », aurait dit Malraux. Il est donc bien possible que nous ne sachions  jamais véritablement ce qu’il entendait par là ; et si tous ces accents prophétiques, au fond, n’étaient pas qu’une galéjade bien spirituelle concoctée par son esprit malicieux, ou par celui d’un autre. Une hypothèse me semble pourtant assez satisfaisante pour expliquer le succès de cette formule : le XXe siècle ayant été le siècle anti-religieux par excellence, le retour de notre monde au spirituel serait obligatoire. Un cycle naturel. Diastole, systole. Lire la suite

Plaidoyer pour une Union sacrée

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Carte postale de Armand Vallée, 1916, imprimée par la maison Fantasio.

En période de crise, comme celle que nous vivons, la société prend conscience qu’elle a plus que jamais besoin d’union et de réconciliation pour affronter les situations difficiles. Comme celle qu’a connue la France en 1914, où se réconcilièrent républicains revanchards (socialistes et radicaux) et catholiques contre l’impérialisme allemand. Lire la suite

Pi = 3,14… = Dieu

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Un zoo à Pondichéry, un naufrage dans le Pacifique et une aventure extraordinaire. Ang Lee, qui nous avait déjà livré le magnifique Tigre et Dragon, a renoué avec le merveilleux dans L’Odyssée de Pi, s’éloignant du mélodramatique Secret de Brokeback Mountain, film que je n’ai pas vu mais qui avait été applaudi par la critique à sa sortie. Reprenant assez fidèlement le best-seller de Yann Martel, un écrivain québécois, Ang Lee s’assure un solide socle scénaristique sur lequel il peut construire son conte.

Le film est avant tout très beau, traversé par des tableaux merveilleux, voire sublimes quand il s’agit de décrire la nature qui se déchaîne, que ce soit pour les scènes de tempête ou tout simplement pour le tigre. Celui-ci est un bijou d’effets spéciaux. Le film est avant tout un parti-pris pour l’incroyable, comme le fait signifier la demi-morale de la fin, qui rapproche dès lors ce film du Labyrinthe de Pan : en fuyant la réalité par le merveilleux, on peut passer tous les obstacles, surmonter toutes les épreuves. La naïveté volontaire de ce récit, narré par Pi à l’écrivain, est brisée par la seconde proposition faite aux sceptiques, celle d’une version « adulte » de l’histoire, entendez un film de survie impitoyable. Ce procédé très intelligent permet à Ang Lee de justifier la magie du film ; mais malheureusement, cela ne s’arrête pas là.

Le film se pare très bêtement (en suivant le livre) d’un aspect détestable des années 70 qui continue à déteindre sur le fil du temps : Pi incarne la magie syncrétique, panthéiste et mystique des baba-cool. L’homme adulte qui raconte son périple est chrétien, musulman et hindouiste ; si dans l’enfance de Pi, la chose est comique chez le Pi de 12 ans (particulièrement quand il remercie une des 80 000 divinités hindoues de lui avoir fait rencontrer le Christ), si elle est tragique dans la tempête, elle devient inquiétante chez le savant et professeur qui, ayant grandi, s’accroche à sa foi irrationnelle. Car quand ce film essaye de faire croire en Dieu, il dévoie le pari de Pascal en faisant de Dieu une puissance suprême simplement souhaitable qui regroupe toutes les religions du monde, et s’éloigne des souffrances surmontées par Job en introduisant la figure très perturbatrice d’un tigre qui s’appelle Richard Parker. Celui-ci vient mêler la providence et l’épreuve divine en sa figure ; l’animal et la nature (épisode de l’île vivante) sont les forces qui malmènent Pi mais le transportent malgré tout jusqu’à sa destination, une plage paradisiaque : l’Amérique. Une traversée culturelle chaotique et traumatique que connaît Ang Lee, fils de Chinois nationalistes exilés sur Taïwan puis aux Etats-Unis. La tempête, confrontation culturelle symbolique du déporté, est donc résolue spirituellement par un syncrétisme, un melting pot assumé : la foi dans l’Amérique, et philosophiquement par une intégration de l’homme dans la nature divine, celle qui envoie des tigres divins pour sauver les gentils petits Indiens.

Ainsi, pour Yann Martel, il faut vivre l’incroyable pour croire à l’incroyable. Si dans cette histoire Pi était mort, il en serait de même pour Dieu, qui n’existe que dans les histoires qui finissent bien. Tout est rodé : Pi = 3,14…  = Dieu.

Bonaventure Caenophile