J’y suis, j’y reste.

Malakhov1

Siège de Sébastopol par Franz Roubaud (détail)

Sur les « Terres de sang » (cf. Timothy Snyder) coincée entre la Russie et l’Occident, rien de nouveau sous le soleil rouge. E.F. nous en fait la démonstration. 

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Médaille d’opprobre

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Poutine par les Pussy Riot, ©Abode of Chaos

La Russie est sous le feu de toutes les attaques en ce moment. De son implication dans la guerre civile ukrainienne, terre du premier Rus1, à son action diplomatique (et militaire) en Syrie, rien ne semble pouvoir la sauver de la défiance et de l’antipathie médiatique ; pas même la grande fête universelle du sport que sont les Jeux Olympiques. Lire la suite

The initials BB (Bye Bye)

Erignathus barbatus

On peut penser tout et surtout n’importe quoi de l’affaire Depardieu. Lâcheté ou protestation symbolique, à vous de juger. La seule information, est malheureusement que ce débat national a réveillé nos « people », même si certains, comme Torreton, ne sommeillaient pas vraiment. Ce dernier, tête de file des anti-Gérard, a « siégé » en tant qu’élu PS pendant quelques années au conseil de Paris, battant des records d’absentéisme avant de mettre fin, au bout de deux ans de parasitage, à cette odieuse mascarade. Bref, pléthore de stars d’aujourd’hui et d’antan sont sorties de leur mutisme habituel et légitime pour attaquer ou défendre le Gérard national.

L’une d’elle, et pas des moindres car il s’agit de l’icône féminine des années 60-70, est la fameuse BB, Brigitte Bardot, beauté fanée dont la célébrité n’est liée qu’à l’enveloppe charnelle de ses plus belles années, souvent à ses frasques d’alors, et rarement  à ses apparitions au cinéma. Les années ont transformé notre bombe sexuelle en un être très étrange, teinté de nationalisme peu ragoûtant et raciste tout en étant engagé bec et griffe dans la défense des animaux. Une combinaison bizarre que renient les écolos d’aujourd’hui. Ce doublon nationalisme-écologie est cependant à l’origine de l’écologie même, comme l’a montré, entre autres, Luc Ferry[1], et se retrouve dans le national-socialisme d’Hitler. Brigitte Bardot a été adorée par la terre entière, et, si elle n’est pas nazie, elle semble faire preuve aujourd’hui d’une grande misanthropie. C’est bien à la gent animale qu’elle dédie entièrement le crépuscule de son existence. Le 3 janvier, reprenant le flambeau brûlant de Depardieu, qu’elle critique pour son  positionnement pro-corrida, la mère des bébés phoques a pété les plombs. Pour deux misérables éléphants malades de la tuberculose dans le zoo de Lyon, elle a mis en jeu sa nationalité. Contrairement à Depardieu qui a été débusqué par les médias, Bardot use délibérément de son regain de popularité pour faire chanter le président de la République. Un tel comportement est extrêmement déplorable, mais néanmoins souligne bien le lien fait entre nationalité et écologie dans son système de pensée. Elle ne peut pas vivre dans un « cimetière d’animaux » comme l’est la France. Autant aller vivre dans un cimetière humain comme l’est la Russie. La hiérarchie est faite et on a peu de peine à saisir l’antihumanisme de cette femme récompensée par PETA, sigle ridicule choisi par les chasseurs de fourrures (et exhibitionnistes militants). L’écologie trouve ici son aporie première qui est la haine de l’homme, cet être sans qui la Terre fonctionnerait à merveille. L’horreur me prend et pour calmer la tempête rien de mieux qu’un bon gros steak saignant.

Enfin, passons ! L’exercice lancé par Gérard et Brigitte me plaît assez ; j’ai décidé de faire chanter le président, on ne sait jamais, ça pourrait marcher.

« Monsieur le Président de la République,

Je me barre. Où ? Partout sauf en Belgique. Après avoir écouté les conseils de mon ami Baudelaire, je pense que nos exilés s’y font chier modèle géant. Ne me parlez même pas de cette grande île du Pacifique, peuplée de surfeurs décérébrés et de kangourous. Pour ce qui est de la Russie, malgré l’invitation de Maistre, il y fait beaucoup trop froid ! J’ai répondu la même chose à Cendrars qui m’appelait au Brésil : trop chaud ! Claudel m’a proposé la Chine et l’Amérique : mais l’individualisme érigé comme norme sociale me répugne horriblement. Et non je n’irai pas en Suisse avec ces sales hygiénistes. Bref, aidez-moi à trouver une destination correcte. En attendant, je patienterai en France.

Je vous prie de croire en mes sentiments de très haute estime et les plus dévoués,

Bonaventure Caenophile. »


[1] Luc Ferry, Le Nouvel Ordre écologique, Grasset, 1992.