Charles, Auguste, Léon, Nina et tous les autres… (une histoire de métempsycose)

Henry_Cros_-_Apothéose_de_Victor_Hugo_2011-07-08

L’Apothéose de Victor Hugo, Henry Cros (frère de Charles), Maison de Victor Hugo, Paris, date inconnue, pâte de verre.

Au lendemain d’une vie de fantaisies ivoirines et de fêtes galantes, le poète Charles Cros se sentit las. 1885 : le romantisme venait de périr, et gisait encore frais dans sa crypte du Panthéon 1. Le monde littéraire s’en trouvait tout désempli, et Cros se découvrit vieux. En cet été, la fournaise accablait les Parisiens, brûlant les toits vert-de-gris sous lesquels rôtissaient nos femmes de chambres et toutes sortes de damnés, quand nos bourgeois se perdaient dans l’indolente mais stupéfiante moiteur de leurs appartements, plongés dans une pénombre salutaire. S’ils le pouvaient, ils prenaient le vert, barbotaient dans la Marne avec les ouvriers, guinchaient lascivement sur la Grande Jatte… Lire la suite

Léon, Ernest, Victor, Emile et tous les autres (une histoire de zombie)

1889_Christ_aux_outrages_(de_Groux)

Le Christ aux outrages, Henry de Groux, 1889, huile sur toile, collection privée.

Léon Bloy avait pour ami Ernest Hello. C’était une chose étrange pour quelqu’un comme Léon Bloy, qui n’aimait généralement pas grand monde, si ce n’est son Seigneur, ses Saints, ses Saintes et ses Putains. Et qui surtout abhorrait toutes sortes d’écrivains. Ils faisaient frémir sa lourde moustache, et ces yeux ronds à leurs noms devenaient comme fous. Il y avait quelques raisons à cela. Un jour où il était dans le besoin, comme presque tous les jours de sa pauvre vie, Léon Bloy était allé voir Emile Zola, l’écrivain étant fort riche, tant il se goinfrait à la table d’Ernest Rougon en délirant sur la naturalité de l’art, rêvant dans ses draps de soie du Germinal des mineurs, et maudissant tout bas son cousin Eugène Saccard, son double maudit. Léon Bloy ne fut pas reçu. Pas un franc, ni un repas chaud, ni même un mot. C’était bien le domestique de Zola qui le mettait à la porte, sans aucune explication. Lire la suite

Vogue de la vague

Image

La Grande Vague de Kanagawa par Hokusai, 1830-1831, Metropolitan Museum of Art, New York. L’image a été inversée pour permettre une lecture orientale.

Eric Campagnol l’affirmait il y a peu sans me nommer, mais il est vrai que j’ai un problème avec les vagues. Une vaguophobie dirait-on certainement de nos jours. Historiquement, la vague s’impose comme un lieu commun de la peinture et de la littérature au XIXe en France, où elle est bien souvent l’image d’un mouvement vaniteux, sûr de lui, qui s’engonce toujours dans l’habitude de la fatalité, qu’elle soit blanche comme l’écume ou noire comme la houle. Lire la suite

Le malaise dans la peinture

"La Dame de Shalott", J. W. Waterhouse

La Dame de Shalott, J. W. Waterhouse

Né au beau milieu du XIXe siècle, le préraphaélisme a été, comme le furent nombre de romantiques et d’esprits gothiques depuis la fin du XVIIIe, fasciné par le Moyen Age, ses légendes, ses formes, ses couleurs, sa poésie. Eric Campagnol ne devrait que s’en réjouir ; il ne peut pourtant s’empêcher de trouver cet art mal à l’aise. Lire la suite

Guérissez-nous

Donnez-nous nos cachets !

Donnez-nous nos cachets !

Il faudrait un jour répondre à cette question : n’est-on pas plus malade à mesure qu’on lutte mieux contre la maladie ?  Lire la suite